Urologie · Guide patient

Le cancer de la prostate

Dépistage, surveillance active, chirurgie, radiothérapie et Lutetium-PSMA — tout comprendre.

Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l’homme en France (~50 000 nouveaux cas/an). La grande majorité des cas sont découverts à un stade localisé et présentent un excellent pronostic. Les options vont de la simple surveillance active — sans traitement immédiat pour les formes peu agressives — jusqu’aux traitements curatifs par chirurgie, radiothérapie ou curiethérapie. L’innovation est remarquable : le Lutétium-PSMA transforme la prise en charge des formes avancées.

✦ Points essentiels
  • Cancer le plus fréquent chez l’homme en France. Souvent d’évolution lente.
  • La surveillance active est une option valide pour les formes à faible risque.
  • IRM + biopsies ciblées ont révolutionné le diagnostic.
  • Même métastatique, la maladie peut être contrôlée de nombreuses années.

🩺 Dépistage et diagnostic

1

PSA sérique + toucher rectal

Dépistage individuel à discuter avec votre médecin. PSA normale selon l’âge (<3–4 ng/mL). Cinétique rapide ou PSA élevé → exploration.

2

IRM prostatique multiparamétrique

Avant les biopsies. Score PI-RADS 1 à 5. PI-RADS 4–5 : biopsies ciblées recommandées. Réduit les biopsies inutiles et améliore la détection des cancers significatifs.

3

Biopsies ciblées + systématiques

Fusion IRM-échographie. Score de Gleason / groupe ISUP (1 à 5). Plus le grade est élevé, plus le cancer est agressif.

4

Bilan d’extension

TEP-PSMA (très sensible) pour stades intermédiaires/hauts risques et récidives biochimiques. Scanner ou IRM corps entier si TEP non disponible.

💉 Traitements selon le stade

Très faible et faible risque — surveillance active

PSA tous les 6 mois, IRM annuelle ± biopsies de contrôle. Traitement si progression. Préserve la qualité de vie sans prise de risque dans les cancers à évolution lente.

Risque intermédiaire et haut risque localisé

🔪 Prostatectomie radicaleAblation de la prostate avec curage ganglionnaire. Robotique disponible. Risques : incontinence transitoire, troubles érectiles.
☢️ Radiothérapie externeAssociée à l’hormonothérapie 6 mois (risque intermédiaire) à 2–3 ans (haut risque). Alternative équivalente à la chirurgie.
CuriethérapieImplants radioactifs intraprostats. Cancers localisés faible à intermédiaire risque sélectionnés.

Métastatique hormonosensible

Suppression androgénique (castration médicale) + intensification par hormonothérapie nouvelle génération : enzalutamide, abiratérone, apalutamide ou darolutamide ± docétaxel selon le volume métastatique.

Résistant à la castration (CRPC)

Hormonothérapies NGEnzalutamide, abiratérone, apalutamide, darolutamide. Selon la ligne et les traitements antérieurs.
ChimiothérapieDocétaxel puis cabazitaxel. En progression sous hormonothérapie de NGen.
Lutetium-PSMA-617Radioligand thérapeutique ciblant PSMA. Approuvé post-enzalutamide/abiratérone + post-taxane. Résultats remarquables (VISION).
Inhibiteurs de PARPOlaparib, niraparib si mutation BRCA1/2 ou autre gène HRR. Test génomique obligatoire.
★ — Données récentes

Avancées majeures

  • PSMAfore : Lutetium-PSMA-617 avant chimiothérapie (pré-taxane) chez les CRPC — amélioration significative de la SSP. Extension d’indication probable.
  • TALAPRO-3 : talazoparib + enzalutamide en 1re ligne CRPC non sélectionné — résultats positifs sur la SSP.
  • ARANOTE : darolutamide + ADT dans le cancer métastatique hormonosensible — non-infériorité vs intensification standard avec meilleure tolérance.

⚠️ Effets secondaires fréquents

Hormonothérapie (ADT)Bouffées de chaleur, prise de poids, syndrome métabolique, ostéoporose, fatigue, troubles sexuels. Surveillance densitométrique et cardiovasculaire.
ChirurgieIncontinence urinaire (transitoire), dysfonction érectile. Rééducation périnéale indispensable.
RadiothérapieCystite radique, rectite radique, troubles urinaires transitoires puis potentiellement persistants.
Lutetium-PSMAXérostomie (sécheresse buccale), fatigue modérée, cytopénies légères. Généralement bien toléré.
💡 L’activité physique régulière pendant l’hormonothérapie réduit la prise de poids, améliore la résistance osseuse et la qualité de vie. APA sur ordonnance disponible.
⚠️ Ce guide est fondée sur les recommandations internationales les plus récentes. Il complète sans remplacer votre consultation oncologique et la décision de votre RCP.

✅ Points clés de la prise en charge

📈PSA + IRMBilan diagnostique👁SurveillanceFormes peu agressives☢️Radio / ChirurgieCuratif localisé💊HormonothérapieLutetium-PSMA si avancé🤝RCPDécision pluridisciplinaire

Chaque décision est prise en RCP. Votre situation est unique.