Gynécologie · Guide patient

Le cancer de l’endomètre

Souvent diagnostiqué tôt grâce aux saignements — comprendre la chirurgie, la radiothérapie et l’immunothérapie.

Le cancer de l’endomètre est le cancer gynécologique le plus fréquent en France. Il se manifeste souvent par des saignements vaginaux après la ménopause, ce qui permet une découverte fréquente à un stade précoce et donc de bonnes chances de guérison. L’analyse moléculaire (statut MSI/MMR, POLE) est aujourd’hui indispensable : les tumeurs MSI-haute répondent excellemment à l’immunothérapie (dostarlimab).

✦ Points essentiels
  • Le cancer gynécologique le plus fréquent en France. Souvent diagnostiqué à un stade précoce (saignements).
  • La chirurgie est le traitement principal dans la grande majorité des cas.
  • Le bilan moléculaire (p53, MMR, POLE) guide les décisions de traitement adjuvant.
  • L’immunothérapie est très efficace dans les tumeurs MSI-haute ou déficientes MMR.

🔍 Signes d’alerte

Tout saignement après la ménopause doit être exploré sans délai par échographie et biopsie endométriale. Chez la femme en activité génitale : règles très abondantes, irrégulières ou pertes anormales. Douleurs pelviennes en cas de forme avancée.

⚠️ Facteurs de risque

⚖️ ObésitéPrincipal facteur modifiable. L’excès de tissu adipeux produit des œstrogènes qui stimulent l’endomètre.
💊 Œstrogènes non compensésTraitement hormonal substitutif sans progestatif. Tamoxifène (cancer du sein) augmente le risque.
🧬 Syndrome de LynchMutation MMR. Risque de cancer de l’endomètre de 40–60%. Surveillance endométriale annuelle recommandée.
🩸 Diabète & HTASouvent associés à l’obésité. Contribuent au risque indépendamment.
👶 NulliparitéL’absence de grossesse augmente l’exposition hormonale cumulée.

🩺 Bilan diagnostique

1

Échographie pelvienne endovaginale

Mesure l’épaisseur de l’endomètre. Au-delà de 4–5 mm après la ménopause → exploration.

2

Biopsie endométriale ou hystéroscopie

Biopsie au cabinet ou hystéroscopie diagnostique avec prélèvements pour confirmation histologique et grade.

3

IRM pelvienne

Évalue l’infiltration myométriale (profondeur), l’atteinte cervicale, les ganglions pelviens. Guide la stratégie chirurgicale.

4

Bilan moléculaire — classification TCGA

p53 muté, déficit MMR/MSI, mutation POLE, et absence de tout cela (NSE). Ces 4 groupes ont des pronostics et traitements adjuvants différents.

💉 Traitements

Chirurgie — traitement principal

Hystérectomie totale + annexectomie bilatérale + ganglion sentinelle (± curage pelvien selon risque). Voie cœlioscopique ou robotique. Curage ganglionnaire pelvien ± para-aortique si haut risque.

Traitements adjuvants selon le risque

Faible risqueSurveillance seule après chirurgie. Pas de radiothérapie nécessaire.
Risque intermédiaireCuriethérapie vaginale. Réduit le risque de récidive vaginale avec peu d’effets secondaires.
Haut risque / stade IIIRadiothérapie externe ± curiethérapie ± chimiothérapie (carboplatine + paclitaxel).
p53 muté (séreux)Chimiothérapie + radiothérapie. Pronostic plus défavorable. Trastuzumab si HER2+.
MSI-haute / déficit MMRImmunothérapie (pembrolizumab ± lenvaxen) très efficace en situation récidivante/métastatique.
★ — Données récentes

Ce qui change la pratique

  • RUBY (ENGOT-en6) : dostarlimab + carboplatine/paclitaxel en 1re ligne avancée/récidivante — amélioration significative de la SG dans les MSI/dMMR. Nouveau standard.
  • NRG-GY018 : pembrolizumab + chimiothérapie en 1re ligne — bénéfice majeur dans les MSI-haute avec réduction du risque de progression de >70%.
  • LEAP-001 : pembrolizumab + lenvaxen vs chimiothérapie en 1re ligne avancée — résultats positifs tous sous-groupes moléculaires confondus.

⚠️ Effets secondaires fréquents

ChirurgieLymphœdème des membres inférieurs (curage), troubles urinaires transitoires, ménopause chirurgicale si prémature.
Radiothérapie pelvienneCystite radique, rectite, sécheresse vaginale, troubles de la sexualité. Souvent transitoires.
ChimiothérapieNeuropathie (paclitaxel), neutropénie, nausées, alopécie, fatigue.
ImmunothérapieThyroïdite, colite, hépatite, pneumopathie immune. Surveillance régulière indispensable.
💡 La perte de poids intentionnelle chez les patientes obèses après le traitement d’un cancer de l’endomètre réduit le risque de récidive — l’activité physique et le suivi diététique font partie du parcours.
⚠️ Ce guide est fondée sur les recommandations internationales les plus récentes. Il complète sans remplacer votre consultation oncologique et la décision de votre RCP.

✅ Points clés de la prise en charge

🔪ChirurgieHystérecto. totale + GS☢️RadiothérapieCuriethérapie vaginale💊ChimiothérapieCarboplatine-paclitaxel💉ImmunothérapieDostarlimab si MSI-haute🤝RCPDécision pluridisc.

Chaque décision est prise en RCP. Votre situation est unique.