Le cancer colorectal
Côlon et rectum — comprendre le dépistage, le bilan moléculaire et les traitements modernes.Le cancer colorectal est le troisième cancer le plus fréquent en France. La bonne nouvelle : il se dépiste facilement grâce au test immunologique proposé à tous les adultes de 50 à 74 ans. Détecté tôt, il se guérit dans la grande majorité des cas. L’analyse moléculaire (RAS, BRAF, MSI) oriente les traitements et permet d’identifier les patients pouvant bénéficier d’une immunothérapie.
- 2e cancer en France. Largement évitable grâce au dépistage (test immunologique tous les 2 ans).
- La coloscopie détecte et retire les polypes avant transformation cancéreuse.
- Bilan moléculaire (RAS, BRAF, MSI) indispensable pour choisir les thérapies ciblées.
- L’immunothérapie est très efficace dans les tumeurs MSI-haute (~15% des cas).
🔍 Signes d’alerte
Sang dans les selles, modification du transit, anémie inexpliquée, douleurs abdominales, amaigrissement. Tout saignement rectal doit être exploré sans attendre.
🩺 Bilan diagnostique
Coloscopie totale avec biopsies
Visualise et biopsie la tumeur. Détecte les polypes synchrones. Examen de référence.Scanner thoraco-abdomino-pelvien
Recherche de métastases hépatiques, pulmonaires, ganglionnaires.IRM pelvienne (rectum uniquement)
Évalue l’envahissement mésorectal et la distance à la marge anale. Guide la décision de radiochimiothérapie préopératoire.Bilan moléculaire complet
RAS (KRAS + NRAS), BRAF V600E, MSI/MMR, HER2. Obligatoire si maladie métastatique.💉 Traitements
Côlon localisé (stades I–III)
Chirurgie (hémicolectomie + curage ganglionnaire). Chimiothérapie adjuvante FOLFOX 6 mois si stade III ou stade II à haut risque.
Rectum localisé ou localement avancé
L’IRM rectale est indispensable pour évaluer précisément l’extension de la tumeur et guider la stratégie thérapeutique. En cas de tumeur T3–T4 ou d’atteinte ganglionnaire (N+), une radiochimiothérapie préopératoire (50 Gy en 25 fractions associé à une chimiothérapie orale par capécitaine) est souvent proposée afin de diminuer la taille tumorale, réduire le risque de récidive locale et favoriser la préservation du sphincter.
La chirurgie de référence repose sur l’exérèse totale du mésorectum (ETM), avec conservation sphinctérienne lorsque cela est possible.
Chez certains patients présentant une réponse complète après traitement néoadjuvant, une stratégie de préservation d’organe (“Watch and Wait”) peut être discutée dans des centres experts afin d’éviter une chirurgie lourde et préserver la qualité de vie.
L’étude française PRODIGE 23 a montré qu’une stratégie de traitement total néoadjuvant avec chimiothérapie intensive avant radiochimiothérapie et chirurgie permettait d’améliorer les réponses tumorales et la survie sans maladie, tout en augmentant les possibilités de préservation d’organe chez certains patients sélectionnés.
Métastatique — selon le profil moléculaire
Ce qui change la pratique
- NICHE-2 : immunothérapie néoadjuvante (nivo + ipi) dans le côlon MSI-haute localisé — taux de réponse pathologique complète >60%. Phase III en cours (ATOMIC).
- BREAKWATER : encorafénib + binimétinib + FOLFOX 1re ligne BRAF V600E métastatique — amélioration significative de la SSP.
- MOUNTAINEER-03 : tucatinib + trastuzumab + FOLFOX dans le CCR HER2+ — nouvelle option ciblée prometteuse.
⚠️ Effets secondaires fréquents
✅ Points clés de la prise en charge
Chaque décision est prise en RCP. Votre situation est unique.