Soins de support
L’accompagnement global du patient : corps, esprit et vie quotidienne tout au long du parcours.
Les soins de support désignent l’ensemble des prises en charge qui améliorent la qualité de vie. Ils font partie intégrante du traitement — pas un « à côté ».
🏃 Activité physique adaptée (APA)
L’activité physique pendant et après le cancer est recommandée par toutes les sociétés savantes. Elle réduit la fatigue, améliore l’humeur et diminue le risque de récidive dans plusieurs cancers.
L’exercice physique améliore la survie dans le cancer du côlon stade III
L’essai CHALLENGE (Colon Health and Life-Long Exercise Change) est l’un des essais les plus importants jamais réalisés sur l’activité physique en oncologie. Il a démontré pour la première fois un bénéfice de survie significatif lié à un programme d’exercice structuré chez des patients opérés d’un cancer du côlon stade III.
Le protocole d’exercice de l’essai CHALLENGE
Phase de démarrage (semaines 1–8)
Introduction progressive de l’activité physique aérobie. Objectif initial : 60–90 min/semaine d’exercice d’intensité modérée (marche rapide, vélo, natation). Consultation avec un éducateur sportif certifié pour personnaliser le programme.
Phase de progression (semaines 9–24)
Augmentation progressive jusqu’à 150 min/semaine d’exercice d’intensité modérée à élevée. Équivalent à 10 000 pas/jour ou 30 min de marche rapide 5 jours/semaine. Ajout possible de renforcement musculaire 2x/semaine.
Phase de maintien (semaines 24–36)
Maintien de 150 min/semaine minimum. Autonomisation progressive du patient avec suivi mensuel par appel téléphonique. Journal d’activité et podomètre pour l’auto-surveillance.
Intensité cible
Intensité modérée : 55–75% de la fréquence cardiaque maximale (FCmax = 220 − âge). La personne doit pouvoir parler sans être essoufflée — c’est le « test de la conversation ». Exercice aérobie en priorité (marche, vélo, natation, aquagym).
Suivi et accompagnement
Séances initiales en présentiel avec kinésithérapeute ou enseignant APA. Puis suivi à distance (téléphone, application). Adaptation si fatigue, neutropénie ou complication chirurgicale. Reprise dès que l’état général le permet après chimiothérapie adjuvante.
💡 Photobiomodulation (PBM) — laser de basse intensité
La photobiomodulation (PBM), aussi appelée thérapie par laser de basse intensité (LLLT — Low Level Laser Therapy), utilise des photons de faible énergie pour induire des effets biologiques thérapeutiques au niveau cellulaire et tissulaire. Elle est reconnue par l’ISOO/MASCC et plusieurs sociétés savantes pour la prise en charge de plusieurs effets secondaires des traitements oncologiques.
Comment la photobiomodulation agit-elle ?
La PBM agit principalement via l’absorption des photons par le cytochrome c oxydase (complexe IV de la chaîne respiratoire mitochondriale). Cette activation déclenche une cascade d’effets cellulaires :
Nos dispositifs
Indications validées en oncologie
Les séances de photobiomodulation se déroulent en ambulatoire, sont indolores, de courte durée (5 à 20 minutes selon l’indication) et sans effet systémique. Elles peuvent être réalisées en parallèle des traitements oncologiques. Demandez à votre équipe soignante si la photobiomodulation est indiquée dans votre situation.
Ce que disent les études
- Mucite orale sous RT ORL : méta-analyses confirmant la réduction significative de l’incidence des mucites de grade ≥3, du délai de cicatrisation et de la douleur. Recommandation de grade fort ISOO/MASCC 2019.
- Mucite sous chimio haute dose : efficacité démontrée dans plusieurs essais randomisés (conditionnement allogreffe, lymphomes sous R-CHOP intensif).
- Neuropathies : études randomisées récentes montrant une réduction de l’intensité douloureuse (EVA) et une amélioration de la sensibilité après 8–12 séances chez des patients traités par oxaliplatine ou taxanes.
- Syndrome mains-pieds : séries et essais randomisés de phase II montrant une réduction de grade ≥1 et un retour à la normale accéléré sous capécitabine et thérapies ciblées anti-VEGF.
🥗 Nutrition
La dénutrition aggrave le pronostic et la tolérance aux traitements. Consultation diététique dès le diagnostic. Enrichir les repas, fractionner, maintenir les apports protéiques. Compléments nutritionnels oraux si nécessaire.
😣 Gestion de la douleur
😴 Fatigue liée au cancer
Différente de la fatigue ordinaire — non soulagée par le repos. L’activité physique adaptée est le traitement le plus efficace. Traiter l’anémie, les troubles du sommeil, l’anxiété.
🧠 Soutien psychologique
Anxiété, dépression, peur de la récidive sont normales et traitables. Psycho-oncologue, groupes de parole, associations de patients. Médicaments si nécessaire.
❤️ Sexualité & fertilité
Sexualité : sécheresse vaginale, dysfonction érectile, baisse de libido — des solutions existent. Parlez-en à votre équipe.
Fertilité : consultation d’oncofertilité AVANT le début des traitements si vous êtes en âge de procréer.
💼 Retour au travail & accompagnement social
Mi-temps thérapeutique, aménagement de poste, RQTH, aide de l’assistante sociale oncologique. Le retour au travail est une étape importante de la réhabilitation.
🚭 Arrêt du tabac
Arrêter de fumer améliore l’efficacité des traitements, réduit les complications et le risque de second cancer. Tabacologie disponible en milieu hospitalier.